Littérature audio

  • mercredi, 28 septembre 2022

    Journal (1928)
    Catherine Pozzi est l’auteur d’une nouvelle autobiographique anonyme, Agnès (NRF, 1927), et de six Poèmes (Mesures, 1935), que l’on compara à ceux de Louise Labbé. Elle travailla également à un essai philosophique Peau d’âme (Édition Correa, 1935), resté inachevé. De 1913 à sa mort en 1934, elle tint son journal : une quarantaine de cahiers écrits avec une intransigeance, une intelligence et une difficulté d’être absolues. Le texte lu ici correspond à l’année 1928.Catherine Pozzi est née en 1882. Elle a grandi dans le giron du Tout-Paris aristocratique et bourgeois. À 25 ans, elle épouse Édouard Bourdet, futur « auteur applaudi des Boulevards ». Très rapidement, le couple se déchire. Quelques années après la naissance, en 1909, de son fils Claude, elle devient tuberculeuse. Elle divorce et rencontre en 1920 celui qui fut sa plus belle chance et son plus dur échec, son « très haut amour », son enfer, Paul Valéry. …

  • lundi, 26 septembre 2022

    Fauntleroy
    Fauntleroy est une nouvelle du recueil de Wilkie Collins : Une poignée de romans. Trois autres textes sont dans la bibliothèque : Monkton le fou, Black Cottage et Le Secret de famille. « Quatre amis étaient en train de dîner. Au cours du repas, l’un des convives racontait aux autres une escroquerie commise à son préjudice par un de ses commis. M. Wendell continuait :  « J’aurais mieux aimé ne pas aller devant la justice, car je ne perdais guère plus de dix livres sterling, mais je crus que mon devoir envers la société et envers mes confrères me condamnait impérieusement à faire un exemple. C’était un réprouvé endurci et ‘occasion seule lui avait manqué pour devenir un aussi parfait scélérat que Fauntleroy en personne. » À ce moment, M. Trowbridge, très rouge, se démena sur sa chaise :  « Il m’est très désagréable d’entendre l’épithète « scélérat » accolée au nom de Fauntleroy. – Comment, répondit M. Wendell, il vous est désagréable d’entendre appeler « scélérat » un homme qu’on a pendu …

  • lundi, 19 septembre 2022

    L’irréparable
    « Dès le premier soir où Noémie fit son entrée triomphale dans le salon où elle suscita l’admiration des hommes et la jalousie des femmes, Noémie fut jugée d’une façon sévère par l’opinion. Ce fut, de la part des femmes, la revanche de l’envie que leur suscita aussitôt l’indiscutable supériorité de cette créature, parée comme d’un triple collier, de jeunesse, de richesse et de séduction. Ce fut, de la part des hommes, l’effet de la malveillance innée qui les porte à flétrir les femmes dont ils admirent la beauté. De fait, la jeune fille adopta tout de suite vis-à-vis des hommes un ton hardi et libre. Très décolletée, elle avait une manière de regarder les gens bien en face, qui ressemblait à de la provocation. Son rire, très haut et très éclatant,  pronostiquait le plus dangereux avenir. Sa mère, femme légère, l’avait entraînée pendant toute son adolescence dans une existence de voyages et de luxe effréné, au milieu d’une société de libertins. Malgré une existence très libre, faite de …

  • dimanche, 18 septembre 2022

    Le Château d’Otrante
    En 1764, on publie à Londres un texte bien curieux, la traduction en anglais d’un manuscrit du 16e siècle, écrit en lettres gothiques par un obscur moine italien et relatant des faits pour le moins surprenants survenus peu après la première croisade. Une histoire de malédiction familiale, qui à l’époque aurait frappé la noble famille d’Otrante… Le livre connaît un tel succès que le véritable auteur de ce texte est bientôt forcé de se dévoiler : il s’agit d’Horace Walpole, homme de lettres un peu fantasque, surtout connu pour avoir fait construire Strawberry Hill, un château inspiré des vénérables ruines gothiques qui parsèment l’Angleterre. Mais alors, pourquoi un tel canular ? Pour prouver au public que l’on pouvait encore écrire à la manière de Shakespeare ; mais peut-être surtout pour peupler Strawberry Hill de fantômes qui lui donneraient enfin une âme. Le Château d’Otrante, devenu un classique, est le premier de tout un genre qu’on appellera, après lui, le roman gothique. Matthew …

  • vendredi, 16 septembre 2022

    Simples Contes des collines (Partie 2)

    Voici la deuxième partie des Simples Contes des collines. On retrouve dans quelques-unes de ces nouvelles des personnages chers à Kipling : Madame Hauksbee, le soldat Mulvaney. Ses descriptions s’enrichissent de surnoms pittoresques donnés à certains protagonistes : « le ver », « le blastoderme ». Avec son style ironique et satirique, il nous décrit des situations tantôt comiques, tantôt absurdes et parfois tragiques.

    Lecture de l’ouvrage publié aux Éditions Sillage (ISBN 9782916266404).

  • lundi, 12 septembre 2022

    Mangeront-ils ? (Théâtre en Liberté)
    L’île de Man, en un lointain Moyen-Âge. Dans la clôture d’un monastère en ruine, retranchés à l’abri du pouvoir temporel, deux tourtereaux ont fui les ardeurs jalouses du monarque qui les assiège. Mais ne poussent là que plantes vénéneuses, ne coulent que ruisseaux empoisonnés, et déjà, derrière leur lyrisme énamouré, faim et soif commencent à poindre. Mangeront-ils ? Hugo, exilé à Guernesey, imagine un double de son île, surgi d’un passé de légende. Proscrit, il confie les clés de l’action à deux figures de proscrits : Zineb, sorcière au terme de sa vie, Aïrolo, voleur au grand cœur – tous deux éloquents philosophes. Interdit des théâtres par la censure, il invente un Théâtre en Liberté où il s’autorise toutes les audaces, pour le fond (satire des puissants, engagement social et politique mêlés de méditations métaphysiques) comme dans la forme (quelques touches de merveilleux, intrigue échevelée, alexandrin au rythme vagabond). S’essayant à la comédie, l’initiateur du drame romantique …

  • dimanche, 11 septembre 2022

    Le Secret de la malle noire
    Dans la cohue du local des douanes à l’arrivée du train de Calais, une mère et sa fille… et leurs bagages, des montagnes de bagages ! Mais voici qu’une grosse malle noire attire l’attention d’un douanier. Pourquoi la jeune fille manifeste-t-elle une telle réticence à son inspection ? Obstiné, le douanier persiste ! Et il a raison car la malle ouverte va révéler… C’est ainsi que commence, pour le jeune détective qui a assisté à la scène, une enquête qui l’entraînera, entre Paris et l’Angleterre, de faux semblants en hypothèses qui s’effondrent, sur la piste d’un criminel inattendu. Un roman policier aux multiples rebondissements dont l’écriture faussement distanciée n’empêche pas le lecteur de se prendre au jeu et d’accompagner le détective dans sa recherche aux péripéties surprenantes. Michel Epuy (de son vrai nom Louis Vaury, 1876-1943) est un écrivain et traducteur suisse. Auteur d’une vingtaine de titres et de quelques trente-cinq autres en traduction, tout à tour romancier, conteur …

  • dimanche, 4 septembre 2022

    La Vierge du lac
    La Vierge du lac, roman des montagnes d’Unterwalden Les habitants du village d’Espane sont divisés : certains veulent assécher le lac, qui ne leur est d’aucune utilité, pour créer des pâturages à la place, d’autres ne veulent pas aller contre la volonté de Dieu qui a « créé le lac ». Pendant ce temps, le braconnier Mathys et le garde forestier Andacher s’affrontent mortellement. Isabelle Kaiser est née en 1866 à Beckenried dans le canton de Nidwald. Ses œuvres, influencées par le courant néoromantique, connurent un énorme succès de son vivant et permirent à cette femme célibataire d’être financièrement indépendante. Elles parlent de la souffrance individuelle, de la mort, et furent populaires, traduites en plusieurs langues. « Prêtresse de la poésie » excentrique, l’Académie française lui décerne le prix Juteau-Duvigneaux en 1910 pour son ouvrage Marcienne de Flüe. Journal d’une femme – L’Ascension d’une âme et le prix de Jouy en 1917 pour La Vierge du lac. (Source : Bibliothèque numér …

  • samedi, 3 septembre 2022

    Elle-qui-doit-être-obéie
    « Ayesha se redressa sans proférer un mot, et regarda fixement sa victime. Au même instant, celle-ci porta les mains à sa tête, jeta un cri perçant, tourna deux fois sur elle-même, puis s’affaissa sur le plancher avec un bruit sourd. Nous nous précipitâmes vers elle : elle était raide morte, frappée à mort par un fluide électrique ou par quelque force mystérieuse dont Ayesha disposait. » Elle-qui-doit-être-obéie (She, a history of adventure), c’est Ayesha, belle, terrible, éternelle, mystérieuse et toute-puissante, vieille de deux mille ans, et régnant sur un empire au fin fonds de l’Afrique. Elle est, au sens propre, l’éternel féminin de Henry Rider Haggard, qui lui donna naissance en 1887. Le fascinant personnage d’Ayesha fut l’objet d’une suite en 1905, Ayesha ou le retour d’Elle, et de deux autres romans dans les années 1920. Avec Découverte des mines du Roi Salomon, il s’agit des romans les plus connus de H. Rider Haggard. Les jeunes générations pourront constater que Daenerys Tar …

  • vendredi, 2 septembre 2022

    Souvenirs de prison

    Directeur du journal Le Nationaliste, organe officiel de la Ligue nationaliste canadienne, Jules Fournier fut condamné en 1909 à trois mois de prison dans la prison de Québec. Il en sortira au bout de 17 jours.

    Ce temps passé à l’ombre lui inspira cet ouvrage, écrit en 1910, dans lequel il relate, non sans humour, et sans oublier de régler ses comptes avec certains élus et fonctionnaires,  les conditions de sa détention.

    « L’auteur, dès cette première ligne, tient à prévenir qu’il ne parlera maintenant que de lui jusqu’à la table des matières inclusivement (si toutefois il en met une). »